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Études de pharmacie : 6 ans pour l’officine ou 9 ans pour l’internat ?

Éloïse Vanier-Delmas 6 min de lecture

Devenir pharmacien demande un parcours académique exigeant, réformé pour allier rigueur scientifique, expertise technique et contact humain. Que vous visiez l’officine, l’industrie ou la biologie médicale, le cursus repose sur une sélection initiale suivie d’une spécialisation progressive. Comprendre l’architecture de ces études, de la première année jusqu’à la soutenance de la thèse, est indispensable pour réussir votre orientation.

Les voies d’accès : PASS, L.AS et les passerelles

Depuis la suppression de la PACES, l’entrée en pharmacie s’est diversifiée. Le système actuel repose sur deux piliers principaux via Parcoursup, complétés par des passerelles pour les profils en reconversion.

Testez vos connaissances sur les études de pharmacie

Le Parcours d’Accès Spécifique Santé (PASS)

Le PASS est l’héritier direct de l’ancienne PACES. Cette année se concentre sur les sciences fondamentales comme la biologie, la chimie, la physique et les mathématiques, tout en intégrant une mineure dans une discipline différente (droit, économie, langues). Cette mineure est une sécurité : en cas d’échec à l’entrée en pharmacie, elle permet de poursuivre en deuxième année de licence dans la discipline choisie. Le rythme y est soutenu et exige une grande capacité de travail.

La Licence Accès Santé (L.AS)

La L.AS propose une approche inverse. L’étudiant s’inscrit dans une licence classique (chimie, sciences de la vie) incluant une option santé. Ce parcours est idéal pour ceux qui souhaitent conserver une porte ouverte vers d’autres domaines scientifiques. En cas de résultats suffisants dans la majeure et l’option santé, l’étudiant peut candidater pour intégrer la deuxième année de pharmacie.

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Les passerelles pour les profils atypiques

Il est possible de rejoindre le cursus après avoir validé d’autres diplômes. Les titulaires d’un BUT, d’un diplôme de préparateur en pharmacie ou les professionnels en reconversion peuvent, via des commissions d’équivalence, intégrer directement la deuxième ou troisième année. Cette diversité enrichit les promotions et permet d’accéder au métier avec un parcours varié.

Le premier cycle : DFGSP et les fondamentaux

Une fois la sélection réussie, l’étudiant intègre la deuxième année. Le premier cycle s’achève en fin de troisième année avec l’obtention du Diplôme de Formation Générale en Sciences Pharmaceutiques (DFGSP), reconnu au grade de licence.

Schéma du cursus des études pour devenir pharmacien en France
Schéma du cursus des études pour devenir pharmacien en France

Durant ces deux années, l’accent est mis sur les bases scientifiques du médicament. Le programme inclut la chimie organique, la biochimie, la physiologie humaine, la botanique et la mycologie. L’étudiant apprend à identifier les principes actifs et leurs interactions avec l’organisme. Les travaux pratiques (TP) sont centraux pour manipuler des substances et réaliser des préparations galéniques.

La formation impose une rigueur constante dans la manipulation des données. Chaque étape, du dosage précis d’une solution en TP à la compréhension des contre-indications, est conçue pour protéger le futur patient. Cette structure mentale de contrôle devient un réflexe, car dans le monde du médicament, le moindre écart peut avoir des conséquences graves. Ce maillage de connaissances assure une analyse précise des ordonnances.

Le deuxième cycle : DFASP et la spécialisation

Le deuxième cycle couvre la quatrième et la cinquième année. Il débouche sur le Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Pharmaceutiques (DFASP), équivalent au grade de master. C’est une période charnière pour choisir son orientation professionnelle parmi trois filières.

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L’officine prépare au conseil aux patients et à la gestion d’une entreprise de santé. L’industrie oriente vers la recherche et développement (R&D), la production, le marketing ou les affaires réglementaires. Enfin, l’internat, accessible sur concours national en fin de 5e année, ouvre les portes de la pharmacie hospitalière et de la biologie médicale.

La cinquième année est particulièrement intense avec le stage de pratique professionnelle. L’étudiant se confronte à la réalité clinique, aux interactions médicamenteuses et au travail pluridisciplinaire avec les équipes médicales.

Le troisième cycle : de 6 à 9 ans d’études

La durée totale des études dépend du choix effectué en fin de quatrième année.

Filière choisie Durée totale Diplôme obtenu Débouchés principaux
Officine 6 ans Diplôme d’État de Docteur en Pharmacie Pharmacien titulaire ou adjoint
Industrie 6 ans (+ Master) Diplôme d’État de Docteur en Pharmacie Cadre en laboratoire, qualité
Internat (Hospitalier) 9 ans DES + Doctorat Pharmacien hospitalier
Internat (Biologie) 9 ans DES de Biologie Médicale + Doctorat Biologiste en laboratoire

Le cycle court : Officine et Industrie

Pour les étudiants en officine ou industrie, la sixième année est consacrée à des enseignements de spécialisation et à un stage de six mois. Durant cette période, l’étudiant soutient sa thèse d’exercice. Ce travail de synthèse valide la capacité du futur praticien à analyser une problématique de santé publique ou une question pharmaceutique précise.

Le cycle long : l’internat

Les lauréats du concours de l’internat s’engagent pour 4 années supplémentaires de formation rémunérée au sein des CHU. Ils deviennent internes en pharmacie. Ce parcours permet de se spécialiser en pharmacie hospitalière (gestion des stocks, chimiothérapies, radiopharmacie) ou en biologie médicale (microbiologie, génétique). À l’issue de ces 9 ans, ils obtiennent le titre de Docteur en Pharmacie et un DES (Diplôme d’Études Spécialisées).

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Stages et service sanitaire : la pratique au cœur du cursus

La professionnalisation est progressive. Dès la fin de la deuxième année, un stage officinal d’initiation de quatre semaines permet de découvrir la gestion d’une pharmacie et le contact avec la clientèle.

En troisième et quatrième année, des stages d’application ponctuent les semestres pour mettre en pratique la pharmacologie et la galénique. Un élément clé est le service sanitaire. Il demande aux étudiants d’intervenir dans des écoles ou des structures sociales pour mener des actions de prévention sur le tabagisme, l’alimentation ou la vaccination. Cette étape rappelle que le pharmacien est un acteur de santé publique de proximité.

Enfin, le stage de sixième année, en officine ou en entreprise, constitue une véritable pré-embauche. Il permet de valider les compétences de manager et d’expert, indispensables pour assumer les responsabilités juridiques liées à la délivrance de produits de santé.

Éloïse Vanier-Delmas
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