Le salaire des AESH reste l’une des préoccupations les plus fréquentes parmi ces professionnels qui accompagnent quotidiennement des élèves en situation de handicap. Entre grilles indiciaires complexes, quotités de travail variables et annonces de revalorisations dont l’impact concret reste souvent flou, il est légitime de s’interroger sur ce que vous percevez réellement chaque mois. En 2026, malgré plusieurs mesures gouvernementales, beaucoup d’AESH peinent encore à se projeter financièrement. Ce guide vous apporte des réponses précises et chiffrées pour comprendre votre rémunération, identifier les leviers d’amélioration possibles et anticiper votre évolution professionnelle.
Comprendre rapidement le salaire d’un AESH et ses spécificités

Contrairement aux idées reçues, le salaire d’un AESH ne se résume pas à un montant fixe mensuel. Votre rémunération dépend d’une combinaison de plusieurs facteurs : votre position dans la grille indiciaire, votre quotité de travail et les éventuelles indemnités auxquelles vous pouvez prétendre. Cette mécanique explique pourquoi deux AESH peuvent percevoir des salaires différents alors qu’ils occupent le même type de poste.
Comment se calcule le salaire d’un AESH selon la grille indiciaire actuelle
Votre salaire repose sur une grille nationale qui attribue un indice majoré à chaque échelon. Cet indice est ensuite multiplié par la valeur du point d’indice de la fonction publique pour obtenir votre salaire brut annuel. En 2026, le salaire minimum d’un AESH débutant est aligné sur le SMIC, soit environ 1 801 € brut mensuel pour un temps plein théorique. Attention cependant : le salaire brut n’est pas ce qui arrive sur votre compte. Vous devez soustraire environ 20 à 23 % de cotisations sociales pour obtenir le net avant prélèvement à la source, puis encore 5 à 10 % en moyenne selon votre taux d’imposition.
À titre d’exemple concret, un AESH au premier échelon à temps plein perçoit environ 1 400 € net mensuel avant impôt. Ce montant progresse ensuite d’environ 20 à 40 € net à chaque changement d’échelon, selon votre avancement dans la grille. La progression est automatique et dépend uniquement de votre ancienneté dans le métier.
Temps incomplet, heures payées et salaire net mensuel réellement perçu
La grande majorité des AESH ne travaillent pas à temps plein. Les quotités les plus courantes oscillent entre 50 % et 62 %, ce qui correspond à environ 18 à 23 heures hebdomadaires d’accompagnement. Votre temps de travail se décompose en heures d’accompagnement direct auprès des élèves et en heures connexes (réunions, formations, préparation). Contrairement à un emploi classique de 35 heures, le référentiel AESH à temps plein est de 41 heures par semaine sur 45 semaines, soit 1 607 heures annuelles.
Prenons un exemple concret : avec une quotité de 62 %, vous travaillez environ 23 heures par semaine pour un salaire de 1 117 € brut, soit environ 870 € net mensuel avant impôt. À 50 %, ce montant descend aux alentours de 700 € net. Ces revenus restent insuffisants pour vivre décemment, d’où le recours fréquent à des compléments d’activité ou à des aides sociales.
Pourquoi les augmentations annoncées ne se voient pas toujours sur la fiche de paie
Vous avez peut-être entendu parler de revalorisations successives du salaire des AESH ces dernières années. Pourtant, sur votre compte en banque, l’amélioration semble souvent minime. Plusieurs raisons expliquent ce décalage. D’abord, une partie des hausses sert uniquement à maintenir votre rémunération au niveau du SMIC, sans créer de gain réel. Ensuite, les cotisations sociales augmentent également, ce qui réduit l’effet net de la revalorisation. Enfin, le prélèvement à la source s’ajuste automatiquement, ce qui peut donner l’impression que rien n’a changé.
Autre facteur de confusion : les régularisations. Il arrive que votre salaire varie d’un mois à l’autre en raison de rappels de cotisations ou d’ajustements administratifs. Ces variations rendent la lecture de votre fiche de paie particulièrement difficile si vous ne maîtrisez pas les mécanismes sous-jacents.
Grille salariale AESH, évolution et impact des dernières revalorisations

La grille indiciaire des AESH a été revue à plusieurs reprises pour améliorer la progression de carrière. Comprendre où vous vous situez et comment vous allez évoluer vous permet d’anticiper vos revenus futurs et de mieux négocier, le cas échéant, votre quotité de travail.
Comment se positionner dans la grille de salaire AESH selon votre ancienneté
La grille AESH comporte plusieurs échelons, chacun associé à une durée minimale de service. Vous commencez au premier échelon, puis progressez automatiquement après un certain nombre d’années. Voici la structure simplifiée en vigueur en 2026 :
| Échelon | Ancienneté requise | Indice majoré | Salaire brut mensuel (temps plein) |
|---|---|---|---|
| 1 | Début de contrat | 353 | 1 801 € |
| 2 | 1 an | 356 | 1 816 € |
| 3 | 2 ans | 361 | 1 842 € |
| 4 | 3 ans | 368 | 1 878 € |
| 5 | 5 ans | 378 | 1 929 € |
| 6 | 7 ans | 392 | 2 001 € |
Votre ancienneté est comptabilisée même si vous changez d’académie ou de type de contrat, à condition de rester dans les fonctions d’accompagnement. Cette continuité permet d’éviter de repartir de zéro en cas de mobilité géographique.
AESH à temps plein ou temps partiel : quel salaire brut et net espérer
Le passage du brut au net varie légèrement selon votre situation personnelle, mais on peut retenir une fourchette de conversion d’environ 77 à 80 % du brut. Voici quelques exemples concrets selon différentes quotités, pour un AESH au premier échelon :
| Quotité | Salaire brut mensuel | Salaire net avant impôt |
|---|---|---|
| 50 % | 900 € | 700 € |
| 62 % | 1 117 € | 870 € |
| 80 % | 1 441 € | 1 120 € |
| 100 % | 1 801 € | 1 400 € |
Ces montants sont indicatifs et peuvent varier selon votre taux de prélèvement à la source. Ils ne comprennent pas les éventuelles primes ou indemnités, qui restent marginales pour la plupart des AESH.
Les dernières revalorisations AESH ont-elles vraiment augmenté le pouvoir d’achat
Les annonces de revalorisation ont été nombreuses depuis 2020, avec un accent mis sur la hausse du point d’indice et la réindexation des premiers échelons. En réalité, l’inflation a largement neutralisé ces gains nominaux. Entre 2020 et 2026, l’inflation cumulée dépasse 15 %, alors que le salaire net moyen d’un AESH n’a progressé que de 8 à 10 % sur la même période. Le pouvoir d’achat réel a donc reculé pour la majorité des accompagnants.
Par ailleurs, les revalorisations ont surtout bénéficié aux AESH en début de carrière, pour éviter qu’ils ne tombent sous le SMIC. Les échelons intermédiaires et supérieurs n’ont connu que des hausses symboliques, ce qui limite la progression salariale à long terme.
Compléments de rémunération, primes et contrastes avec d’autres métiers éducatifs
Au-delà du salaire de base, quelques dispositifs permettent d’améliorer marginalement votre rémunération. Mais ces compléments restent insuffisants pour combler l’écart avec d’autres métiers de l’Éducation nationale ou même avec des postes équivalents dans le secteur médico-social.
Quels sont les compléments de rémunération possibles pour un AESH aujourd’hui
Selon votre affectation, vous pouvez prétendre à certaines indemnités spécifiques. L’indemnité de sujétion spéciale pour les établissements en éducation prioritaire (REP ou REP+) peut représenter entre 50 et 100 € brut par mois. Certaines académies versent également une indemnité de frais de déplacement si vous intervenez sur plusieurs établissements. Enfin, dans de rares cas, des indemnités repas peuvent être accordées, mais elles restent très inégalement réparties sur le territoire.
Ces compléments ne sont pas systématiques et dépendent de décisions académiques ou départementales. Il est donc important de vérifier régulièrement votre fiche de paie et de vous renseigner auprès de votre syndicat ou de votre gestionnaire RH pour ne pas passer à côté de droits acquis.
Salaire AESH versus enseignants et autres personnels : un écart qui interroge
Un professeur des écoles débutant perçoit environ 2 100 € net mensuel, soit près de 50 % de plus qu’un AESH à temps plein. Cet écart monte à plus de 100 % si l’on compare avec un AESH à 62 %. Pourtant, les missions d’accompagnement exigent des compétences relationnelles, pédagogiques et parfois techniques (manipulation d’élèves en fauteuil, gestion de situations de crise) qui ne sont ni reconnues ni valorisées financièrement.
Même au sein de la catégorie C de la fonction publique, les AESH se situent parmi les moins bien rémunérés. Un agent d’entretien ou un adjoint administratif à temps plein gagne souvent davantage, notamment grâce à des primes ou des régimes indemnitaires plus favorables. Cette situation alimente un sentiment de dévalorisation et explique en partie le fort taux de turnover dans le métier.
Pourquoi le statut AESH reste précaire malgré le CDI et les revalorisations successives
L’accès au CDI après six ans de CDD constitue une avancée, mais ne règle pas la question de la précarité salariale. Beaucoup d’AESH en CDI restent bloqués à des quotités partielles, ce qui les empêche de se projeter sur un achat immobilier ou même sur une location stable dans certaines zones tendues. Les banques considèrent souvent ces revenus comme insuffisants pour accorder un crédit.
De plus, le CDI ne garantit ni la stabilité de l’affectation ni celle des horaires. Chaque rentrée scolaire peut bouleverser votre organisation personnelle et professionnelle, sans que cela se traduise par une compensation financière. Cette instabilité structurelle mine la reconnaissance du métier et décourage de nombreux candidats potentiels.
Pistes concrètes pour améliorer ou compléter son salaire d’AESH
Face à cette situation, plusieurs AESH cherchent des solutions pour sécuriser ou augmenter leurs revenus. Selon votre projet de vie et vos contraintes personnelles, différentes options s’offrent à vous, de l’augmentation de quotité à la reconversion progressive.
Peut-on augmenter son salaire AESH en changeant de quotité ou de mission
Demander une augmentation de quotité est la première démarche à envisager si vous souhaitez améliorer votre salaire. Cependant, cette possibilité dépend des besoins de votre académie et des notifications d’accompagnement disponibles. Dans certains départements, obtenir un temps plein ou même 80 % relève du parcours du combattant.
Certains AESH choisissent de cumuler plusieurs affectations pour atteindre une quotité globale plus élevée. Cette solution présente l’avantage d’augmenter vos revenus, mais elle complexifie aussi votre emploi du temps et multiplie les trajets. Vous devez également veiller à ce que ce cumul ne dépasse pas le temps légal de travail et reste compatible avec vos obligations contractuelles.
Changer de type d’accompagnement (passer d’un accompagnement individuel à un dispositif ULIS, par exemple) peut parfois ouvrir droit à des indemnités spécifiques ou à des formations complémentaires valorisables. Renseignez-vous auprès de votre PIAL ou de votre direction académique pour identifier les opportunités.
Quelles formations et évolutions professionnelles pour sortir du plafond de verre salarial
De nombreux AESH envisagent une reconversion vers l’enseignement spécialisé ou le métier d’éducateur. Plusieurs dispositifs facilitent cette transition. Le concours de professeur des écoles reste la voie la plus fréquente, avec des aménagements possibles pour les AESH justifiant de trois ans d’ancienneté. Vous pouvez également viser le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES), qui ouvre des perspectives dans le secteur médico-social, souvent mieux rémunéré.
Certaines académies proposent des VAE (validations des acquis de l’expérience) permettant de faire reconnaître votre parcours professionnel pour accéder à des formations qualifiantes sans repasser par la case débutant. Ces dispositifs sont encore méconnus, mais ils méritent d’être explorés si vous souhaitez évoluer sans perdre vos revenus pendant plusieurs années.
Enfin, quelques AESH se tournent vers des métiers connexes comme assistant de service social, psychomotricien ou ergothérapeute. Ces parcours exigent des formations longues et coûteuses, mais offrent des perspectives salariales nettement supérieures à long terme.
Comment compléter un salaire AESH sans s’épuiser ni perdre vos droits sociaux
L’idée de cumuler un second emploi séduit de nombreux AESH, notamment ceux à temps très partiel. Juridiquement, rien ne vous l’interdit si vous respectez les durées maximales de travail et que votre second employeur est informé de votre statut de fonctionnaire ou d’agent contractuel. Les secteurs les plus compatibles sont souvent la garde d’enfants, l’aide aux devoirs ou les activités périscolaires, qui se calent sur les créneaux non occupés par votre mission AESH.
Attention toutefois aux effets de bord. Un cumul mal maîtrisé peut vous faire basculer dans une tranche d’imposition supérieure, réduire vos droits à certaines aides (prime d’activité, APL) ou compliquer vos démarches en cas de chômage. De plus, la charge mentale et physique d’un double emploi peut rapidement devenir insoutenable, surtout dans un métier déjà éprouvant nerveusement.
Certains AESH privilégient des activités indépendantes complémentaires (micro-entreprise dans le soutien scolaire, l’artisanat ou les services à la personne). Cette option offre plus de souplesse, mais nécessite une gestion administrative rigoureuse et une bonne évaluation de la viabilité économique de votre projet.
En définitive, le salaire des AESH en 2026 reste marqué par une grande fragilité structurelle. Entre temps partiels imposés, grilles indiciaires peu attractives et revalorisations insuffisantes pour compenser l’inflation, le métier peine à offrir une stabilité financière à ceux qui l’exercent. Pourtant, les besoins d’accompagnement ne cessent de croître, et les AESH jouent un rôle essentiel dans l’inclusion scolaire. Améliorer votre rémunération passe aujourd’hui par une combinaison de vigilance sur vos droits, de recherche active d’opportunités d’évolution et, pour certains, d’une réflexion sur une reconversion progressive. En attendant des réformes de fond, il est crucial de bien comprendre les mécanismes de votre salaire pour ne laisser passer aucune amélioration possible, aussi modeste soit-elle.
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